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28
Fév

Une approche vers les performances

Je continue ma découverte de mon Buchla système #5. Et  jour après jour, je prends conscience de la puissance de ce synthétiseur. Pour la découvrir, il faut être patient, méthodique, et explorer. Je retrouve quelque part la diversité offerte par mon ancien EMS Synthi Aks que j’ai eu durant 15 ans. Je l’avais acheté à André Stordeur juste après notre sortie du stage à l’Ircam durant l’été 1981. André quittait Bruxelles afin de rejoindre l’équipe de Morton Subotnick. Ce dernier travaillait sur sa pièce Ascent to Air pour la station musicale 4C puis 4X de l’institut et il nous avait expliqué son travail en cours et montré son Buchla. Je me souviens d’avoir été fasciné par la beauté de cette machine. Et sans m’en rendre compte, ce Buchla était bien présent dans ma mémoire. Il fit l’objet avec Mortons Subotnick  d’un de mes premiers sujets pour les Chroniques de la Mao avec les photos que j’avais prises à l’Ircam de cet instant précieux.  D’ailleurs, intense satisfaction quelque part, Morton Subotnick, dans sa rubrique Photos de son site fait un lien sur les Chroniques de la Mao. J’ai dû être à l’époque le seul à avoir pris ces photos.

Trente ans plus tard, j’ai investi dans un Buchla et Morton Subotnick est toujours bien présent musicalement. Il a participé récemment au Transmediale 2011 et il y a cette vidéo/interview reprise par MatrixSynth à partir du site Mother Board dans ses chroniques Electric-Independence où il y a d’excellentes choses à découvrir. On voit Morton Subotnick chez lui et comme sur la vidéo de sa performance au Transmediale, on se rend compte qu’il travaille chez lui avec un système Buchla et Ableton Live. Dans le cadre de son concert au Transmediale, je m’étais dit qu’il devait lancer ses samples avec la fonction  Launch et effectivement, sur le très bref plan sur Ableton Live, on aperçoit distinctement la disposition de ses échantillons et en bas la fenêtre pour programmer leurs déclenchements aléatoires ou non. Sinon, les quelques notes d’introduction que l’on peut entendre au début de l’interview vont dans le sens de l’esthétique que je recherche.

J’ai toujour pensé qu’Ableton Live – et plus encore avec l’intégration de Max Msp – était pour les compositeurs de musique électronique contemporaine un fabuleux outil. Morton Subotnick me renforce dans cet esprit. Sinon, pour revenir à la découverte de système Buchla, j’ai continué à explorer les possibilités offertes par le module 285e, le Frequency Shifter et dans sa fonction Balanced Modulator à partir d’un patch relativement simple et utilisant le 222e, le Multi-Dimensional Kinesthectic Input Model, en un mot la surface tactile programmable. Cette dernière est  un outil vraiment fantastique avec ses différentes touches. Les principales peuvent être programmées selon différents critères, dont un accordage sur sur chacune d’entre elles très précis – il faut que j’explore la microtonalité – et avec des déclenchements différents selon les choix retenus : pression, glissement, enclenchement, position. Les touches du haut peuvent être affectées à des procédures particulières comme le lancement et l’arrêt du séquenceur tandis que les deux moyennes surfaces, à gauche et à droite, tout en bas, permettent là aussi une programmation de déclenchement combinant plusieurs possibilités, du tactile, de la pression, du glissement pour agir interactivement avec les fréquences, les enveloppes, le rythme.  Et c’est diablement puissant. Avec mon ancien Ems Synthi Aks, j’avais aimé le joystick  (que je retrouve sur l’Origin Arturia) afin d’agir en temps réel sur l’évolution d’une séquence, mais là, la surface tactile est mille lieues en terme de contrôles multiples. C’est une autre philosophie, une autre galaxie. Enfin, toujours en découverte,  j’ai testé la sauvegarde des presets, une fonction inédite dans le monde des modulaires où à chaque fois, il faut recommencer à patcher. J’étais d’ailleurs toujours un peu dans cet esprit. Et puis, là, je découvre là aussi, un outil fantastique qui permet de sauvegarder les réglages autres que le câblage physique. Autant de sauvegardes (30) qui facilitent la vie et qui peuvent être aussi le point de départ de nouvelles explorations sonores.

Donc, en haut, une petite mise en bouche rythmique et ci-dessous, un Work in Progress sur un projet autour du poème Chant de Gilbert Desmée qui doit être publié dans les semaines à venir. Je voulais voir comment réagissait le Buchla sur une transformation de la voix avec un contrôle tactile. Ce n’est qu’un début mais le fait de pouvoir contrôler tactilement la voix de Gilbert, avec le geste aussi me laisse entrevoir de multiples possibilités. Cela ouvre des perspectives de performances à venir.

16
Fév

BuchlaCrunchyRhythm

Dans ma découverte de mon système 200e, je me suis attaché ces dernières heures à regarder d’un peu plus près les possibilités offertes par le module 259e, Twisted Waveform Generator. Il est présenté par Buchla comme étant un oscillateur qui permet d’obtenir des sons radicalement étranges voire crunchy et à ne pas mettre dans des oreilles habituées à des sonorités plus classiques. En tout cas, ce 259e, outre le fait qu’il soit en partie numérique, offre une diversité de timbres qui va de la simple sinusoïdale à des parties avec du noise (bruit) voire des silences. De même, chose fondamentale pour moi, on peut le moduler par une source extérieure, tout comme le Frequency Shifter 285e, ce qui augmente d’autant les propositions timbrales et de traitements.

LePatch :
Le patch est très simple, avec  basiquement une séquence Sample & Hold faîte avec le 266e, Source of Incertitude, et le LFO du 261e qui module le LFO du 261e (Complex Waceform Generator). Le rythme est fourni par une source externe.

This is a sequence realized with the Twisted Waveform Generator 259e that permits of creation  many weird timbres or dirty timbres. The patch is basic with a sequence Sample & Hold realized with the Source of Uncertainty 266e  and the LFO of the 261e who modulates the LFO of the 261e. The rhythm is provided by of external source.

4
Fév

Découverte du Buchla

Buchla système #5

Cela fait trois semaines que j’ai reçu ce que j’appellerais mon synthétiseur ultime, un Buchla système #5. Une belle bête, d’une puissance de synthèse plutôt étonnante. C’est un modulaire avec une série de modules de traitement qu’on commande à Don Buchla aux Etats Unis.Il faut grosso modo quatre vingt dix jours entre le moment où la commande est entérinée et sa réception. Pour ma part, je l’ai reçu le 11 janvier dernier.
Puissance, donc, car chaque module est géré par un micro-processeur qui permet ainsi de multiplier les possibilités du système. Et si, on devait faire une comparaison avec un système modulaire Moog, c’est un pan de mur qu’on devrait installer. Ceci étant, un Buchla n’a rien à voir avec un Moog, synthétiseur qu’on pourrait résumer ainsi, un module égale une fonction. La synthèse est différente, elle est analogique et numérique, c’est ce qu’on appelle un hybride. De même, avec un Buchla faire un lead ou une ligne de basse bien puissante se révèlerait assez fastidieux. On peut, mais le patch sera complexe. Et un Buchla n’est pas fait pour ça. C’est une fantastique machine à sons, fait pour la synthèse.

Avec ce blog, je vais tâcher de faire partager mes premiers pas avec  ce système qui est relativement complexe à maîtriser de prime abord. En fait, pas tant que ça à partir du moment où on a compris la philosophie de Don Buchla. Et là, à partir de ce moment – qui correspond peut-être à l’instant où on commence à décrypter visuellement la nature d’un patch. C’est à dire les interactions entre les modules reliés physiquement par des câbles, des câbles bananes qui ont la particularité de pouvoir s’entre-connecter ce qui permet de faire des patchs (connexions entre les modules) complexes, de pouvoir diriger la même sortie pour des modulations sur plusieurs entrées différentes.

Quelques heures après une première découverte, dans la nuit du 11 au 12 janvier j’ai vérifié testé la musicalité du Buchla avec des séquences réalisées avec un de mes patchts de Max for Live. Je voulais vérifier le pilotage du Buchla au niveau de l’envoi des séquences par midi via le module 225e. Les séquences ont été traitées avec les effets de Live. Sinon, ont été utilisés le Twisted Waveform Generator (259e) et les deux Complex Waveform Generator (261e). Les trois oscillateurs se modulent en cascade et le Fluctuating Random Voltages fait changer les formes d’ondes des deux 261e. Le résultat fut à la hauteur de ce que je pouvais en espérer, avec le Buchla on pouvait faire de la musique :

BuchlaFirst

Et pour finir, une vidéo pour donner une petite idée des possibilités offertes par le séquenceur 250e :